Partir à l'étranger pour sa retraite est un projet de vie séduisant. Toutefois, quitter la Suisse implique des changements majeurs pour votre prévoyance et vos impôts.
Une planification rigoureuse est indispensable pour éviter une double imposition et optimiser vos avoirs.
1. Déterminer votre nouvelle résidence fiscale
Dès votre départ, votre statut fiscal change radicalement.
- Impôt sur le revenu mondial : Votre nouveau pays de résidence vous imposera généralement sur l'ensemble de vos revenus globaux.
- Impôt sur la fortune : La Suisse est l’un des rares pays à taxer la fortune globale, mais certains pays d’accueil appliquent des mécanismes similaires ou taxent lourdement les revenus du capital.
- Rôle des CDI : Les Conventions de double imposition (CDI) signées par la Suisse tranchent quel pays détient le droit d'imposer chaque type de revenu.
2. Le sort de vos rentes (AVS et 2e pilier)
Le traitement fiscal de vos rentes régulières varie selon leur nature et les accords internationaux.
- Rentes AVS (1er pilier) : La Suisse ne prélève aucun impôt à la source sur les rentes AVS versées à l’étranger. Elles sont exclusivement imposables dans votre pays de résidence, selon le barème local.
- Rentes du 2e pilier (LPP) :
- Secteur privé : Les rentes sont généralement imposées uniquement dans le pays de résidence.
- Secteur public : Si vous étiez employé de l'État (ex. caisse de pension cantonale), la Suisse conserve souvent le droit exclusif d'imposer la rente à la source.
3. Le retrait en capital (2e pilier et 3e pilier A)
Retirer ses avoirs de prévoyance sous forme de capital au moment du départ est une stratégie fréquente, mais lourdement réglementée.
- Impôt à la source suisse : Le capital est taxé en Suisse dès le versement. Le taux dépend uniquement du canton où siège la fondation de prévoyance (et non de votre ancien canton de domicile).
- Fiscalité locale : Votre pays d'accueil peut également décider de taxer ce gain en capital.
- Opportunité de remboursement : Si la CDI attribue le droit d'imposition exclusif à votre pays de résidence, vous pouvez demander le remboursement intégral de l'impôt à la source suisse sous un délai de trois ans, sur preuve de déclaration locale.
4. Les pièges et opportunités à anticiper
- Le choix du siège de la fondation : Avant de retirer votre capital, transférer vos avoirs sur un compte de libre passage basé dans un canton fiscalement avantageux (comme Schwyz) permet de réduire l'impôt à la source initial.
- Biens immobiliers en Suisse : Si vous conservez un logement en Suisse, vous restez soumis à une imposition limitée en Suisse (impôt sur la valeur locative ou les revenus locatifs, et impôt sur la fortune immobilière).
- Droits de succession : Changer de pays modifie les règles de transmission de votre patrimoine. Certains pays imposent fortement les héritiers, même non-résidents.
Ce qu'il faut retenir pour votre projet
Chaque pays de destination (France, Espagne, Portugal, Thaïlande, etc.) applique des règles uniques avec la Suisse. Une analyse personnalisée de votre structure de patrimoine (capital vs rente) est la clé pour préserver votre pouvoir d'achat.
Pour sécuriser votre départ et optimiser la fiscalité de vos piliers, contactez nos experts d'Alpina-Conseil pour un bilan patrimonial sur mesure.