Rachat 2ème pilier (LPP)

Le rachat d'années de cotisation dans le 2ème pilier (LPP) est l'un des outils de planification financière les plus puissants en Suisse. Il permet de combler des lacunes de prévoyance tout en réalisant des économies fiscales majeures.

Les Avantages du Rachat

Économie d'impôts immédiate :

C'est l'atout principal. Le montant investi est 100 % déductible de votre revenu imposable. Pour un rachat de 10 000 CHF, vous pouvez récupérer entre 2 000 CHF et 4 000 CHF sur vos impôts selon votre taux marginal.

Amélioration des prestations de retraite :

Chaque franc racheté augmente votre capital de prévoyance. À la retraite, cela se traduit par un capital plus important ou une rente annuelle plus élevée.

Protection sociale accrue :

Souvent, augmenter votre capital LPP améliore automatiquement vos prestations en cas d'invalidité ou de décès (selon le règlement de votre caisse).

Rendement garanti et sécurisé :

En 2026, le taux d'intérêt minimal LPP est de 1.25 %. C'est un placement peu risqué comparé aux marchés volatils, avec un rendement "fiscal" imbattable la première année.

Les Conditions à respecter

Pour effectuer un rachat, vous devez remplir les critères suivants :

Existence d'une lacune :

Vous ne pouvez racheter que si vous avez une "lacune de prévoyance" (années non travaillées, arrivées tardives en Suisse, hausses de salaire non couvertes). Votre certificat de prévoyance actuel indique votre "potentiel de rachat maximum".

Remboursement des retraits EPL :

Si vous avez retiré de l'argent de votre 2ème pilier pour acheter votre logement (Encouragement à la Propriété Logement), vous devez impérativement rembourser ce montant avant de pouvoir effectuer des rachats volontaires déductibles.

Délai de blocage de 3 ans :

C'est la règle d'or. Si vous effectuez un rachat, vous ne pouvez pas retirer ce montant sous forme de capital (pour un achat immobilier ou au moment de la retraite) dans les 3 ans qui suivent. Si vous le faites, l'administration fiscale annulera rétroactivement votre économie d'impôts.

Limitation pour les nouveaux arrivants :

Si vous arrivez de l'étranger et n'avez jamais été affilié à une caisse en Suisse, le montant du rachat est limité à 20 % de votre salaire assuré par an durant les 5 premières années.

Conseil stratégique pour 2026

Au lieu de faire un rachat massif en une seule fois, il est souvent plus avantageux fiscalement d'échelonner vos rachats sur plusieurs années. Cela permet de casser la progressivité de l'impôt de manière répétée et d'optimiser votre gain net total.

Avant tout versement, demandez toujours une simulation de rachat à votre caisse de pension et vérifiez votre capacité de déduction auprès de l'administration fiscale de votre canton.

Libres passages

La gestion des avoirs de libre passage (2ème pilier) est devenue un levier stratégique incontournable pour optimiser sa retraite en Suisse, particulièrement pour un profil de 50 ans ou plus. Voici une synthèse sur la récupération, le placement et la fiscalité de ces fonds.

 

La recherche des avoirs oubliés

Beaucoup d'assurés perdent la trace de comptes de libre passage lors de changements d'employeurs, de périodes de chômage ou de départs à l'étranger.

La démarche : 

Si vous avez un doute, vous pouvez solliciter la Centrale du 2ème pilier. Cet organe de liaison centralise les annonces de toutes les institutions de prévoyance et vous aide à retrouver des fonds "en déshérence".

Conseil : 

Il est recommandé de regrouper vos avoirs pour une meilleure visibilité et pour réduire les frais administratifs cumulés.

 

Les avantages des placements modernes

Contrairement aux caisses de pension classiques qui imposent un taux de rémunération souvent bas, le libre passage offre une grande liberté de placement :

Architecture ouverte : 

Vous pouvez choisir entre un compte d'épargne classique (taux faible mais garanti) ou des solutions liées à des fonds de placement (actions, obligations, immobilier).

Performance : 

En 2026, avec un horizon de 10 à 15 ans (avant la retraite), une stratégie incluant une part d'actions (ex: 25% à 50%) permet de viser un rendement nettement supérieur au taux minimal LPP, protégeant ainsi votre capital contre l'inflation.

Sur-mesure : 

Des institutions spécialisées permettent aujourd'hui de moduler le risque selon votre tolérance personnelle, ce qui n'est pas possible dans un cadre collectif d'entreprise.

 

Une fiscalité privilégiée

Le libre passage est l'un des outils fiscaux les plus puissants en Suisse :

Exonération durant la phase de placement : 

Les intérêts et les gains en capital réalisés au sein du compte de libre passage ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu ni à l'impôt sur la fortune.

Retrait en capital : 

Lors du retrait (au plus tôt 5 ans avant l'âge légal de la retraite), le capital est imposé séparément des autres revenus, à un taux réduit (impôt sur les prestations en capital).

Stratégie de fractionnement : 

En répartissant vos avoirs sur deux comptes de libre passage différents (auprès de deux fondations distinctes), vous pouvez échelonner vos retraits sur plusieurs années fiscales. Cela permet de briser la progressivité de l'impôt et de réaliser des économies significatives.

 

Le cadre légal en 2026

Il est important de noter que les règles de retrait restent strictes. Hormis la retraite, vous ne pouvez retirer ces fonds que pour :

L'achat de votre résidence principale.

Le démarrage d'une activité indépendante principale.

Un départ définitif de la Suisse (sous conditions selon le pays de destination).

A partir de 5 ans avant l'âge officiel de la retraite