Préparer une succession est souvent une démarche délicate. Pourtant, dans le canton de Vaud, anticiper la transmission de son patrimoine est devenu essentiel, notamment en raison de la hausse importante de la valeur des biens immobiliers et de l’évolution récente de la fiscalité successorale.
À Lausanne, Nyon, Morges ou sur la Riviera vaudoise, de nombreuses familles possèdent aujourd’hui un patrimoine dont la valeur a fortement progressé au fil des années. Cette réalité patrimoniale a profondément modifié les enjeux successoraux dans le canton de Vaud.
Contrairement à certains cantons suisses qui exonèrent totalement les descendants directs, le canton de Vaud applique toujours un impôt sur les successions. Toutefois, une réforme importante entrée en vigueur le 1er janvier 2025 a considérablement allégé la fiscalité applicable aux enfants et petits-enfants.
Pour les familles vaudoises, les entrepreneurs et les propriétaires immobiliers, comprendre les règles successorales permet non seulement d’éviter certaines erreurs fiscales, mais aussi de protéger durablement ses proches et d’organiser la transmission du patrimoine dans de bonnes conditions.
Comment fonctionne l’impôt sur les successions dans le canton de Vaud ?
Dans le canton de Vaud, l’impôt sur les successions est régi par la Loi concernant le droit de mutation sur les transferts immobiliers et l’impôt sur les successions et donations (LMSD).
L’impôt est calculé en fonction de plusieurs éléments :
- le lien de parenté avec le défunt ;
- la valeur des biens transmis ;
- les donations déjà effectuées ;
- la composition du patrimoine ;
- et parfois la structure familiale.
Les avoirs bancaires, portefeuilles de titres, participations d’entreprise, biens mobiliers et immeubles peuvent être concernés par cette fiscalité successorale. Les biens sont évalués à leur valeur vénale au jour du décès, c’est-à-dire leur valeur réelle de marché.
Cette notion est particulièrement importante dans le canton de Vaud, où l’augmentation des prix immobiliers a parfois créé un écart considérable entre la valeur fiscale historique d’un bien et sa valeur réelle au moment de la succession.
Les enfants paient-ils des droits de succession dans le canton de Vaud ?
C’est probablement l’une des questions les plus fréquentes en matière de fiscalité successorale en Suisse romande.
Depuis le 1er janvier 2025, le canton de Vaud a fortement réduit l’imposition applicable aux descendants directs. Chaque souche héréditaire bénéficie désormais d’une franchise successorale pouvant atteindre CHF 1’000’000.
Avant cette réforme, la franchise n’était que de CHF 250’000, ce qui conduisait beaucoup plus fréquemment à une taxation des héritages familiaux.
Concrètement, cela signifie aujourd’hui que de nombreuses successions transmises aux enfants échappent totalement à l’impôt dans le canton de Vaud, notamment lorsque le patrimoine reste raisonnablement réparti entre plusieurs héritiers.
Cette réforme répond notamment à une problématique devenue très présente à Lausanne, Nyon ou Montreux : des familles possédant un patrimoine essentiellement immobilier se retrouvaient imposées sur des valeurs devenues très élevées sans disposer nécessairement des liquidités correspondantes.
La notion de “souche héréditaire” reste essentielle
La fiscalité successorale vaudoise repose sur une notion technique importante : la souche héréditaire.
Chaque enfant du défunt constitue une souche distincte. Si l’un des enfants est décédé avant le parent, ses descendants représentent sa propre souche successorale.
Cette mécanique influence directement le calcul des franchises et peut avoir un impact significatif sur le montant final de l’impôt.
Dans certaines familles, la manière dont le patrimoine est réparti entre les héritiers peut donc modifier sensiblement la charge fiscale successorale.
Le conjoint survivant est exonéré dans le canton de Vaud
Le conjoint survivant bénéficie d’une exonération totale de l’impôt sur les successions dans le canton de Vaud. Cette exonération s’applique également aux partenaires enregistrés.
Cette protection fiscale joue un rôle central dans l’organisation patrimoniale des couples mariés, notamment lorsque le patrimoine comprend
- un bien immobilier ;
- une entreprise familiale ;
- ou des actifs financiers importants.
En revanche, les couples vivant en concubinage ne bénéficient pas du même traitement fiscal. Dans certaines situations, le partenaire survivant peut être soumis à une fiscalité successorale particulièrement lourde.
Succession immobilière dans le canton de Vaud : un enjeu devenu majeur
La transmission immobilière constitue aujourd’hui l’un des principaux enjeux successoraux dans le canton de Vaud.
À Lausanne, sur la Côte vaudoise ou dans la Riviera, de nombreux propriétaires ont vu la valeur de leur patrimoine augmenter fortement ces vingt dernières années. Une maison familiale acquise autrefois pour quelques centaines de milliers de francs peut désormais valoir plusieurs millions.
Lors d’une succession, les immeubles situés dans le canton sont pris en compte à leur valeur de marché. Même lorsque les héritiers résident à Genève, Zurich ou à l’étranger, les biens immobiliers situés dans le canton de Vaud restent imposables dans le canton.
Dans certaines situations, cela peut créer des difficultés importantes :
- héritiers ne disposant pas des liquidités nécessaires ;
- indivisions familiales complexes ;
- tensions entre héritiers ;
- ou vente forcée du bien afin de financer l’impôt.
Ces problématiques concernent aujourd’hui de nombreuses familles de Suisse romande.
Donations et transmission anticipée du patrimoine
Dans le canton de Vaud, les donations et les successions sont étroitement liées sur le plan fiscal.
Depuis 2025, les donations aux descendants bénéficient également d’un allégement significatif avec une franchise portée à CHF 300’000 par enfant et par année civile.
Cette évolution permet à certaines familles :
- d’anticiper progressivement la transmission du patrimoine ;
- de réduire la pression fiscale future ;
- d’aider les enfants à accéder à la propriété ;
- ou de préparer la transmission d’une entreprise familiale.
Toutefois, les donations antérieures peuvent être prises en compte dans le calcul de l’impôt successoral. Une stratégie patrimoniale doit donc être réfléchie dans sa globalité.
Les héritiers éloignés restent fortement imposés
Si la réforme de 2025 a fortement allégé la fiscalité applicable aux descendants directs, les héritiers plus éloignés restent soumis à des taux nettement plus élevés.
Les transmissions à :
- des frères et sœurs ;
- des neveux et nièces ;
- des héritiers institués ;
- ou des personnes sans lien familial ;
peuvent encore entraîner une fiscalité successorale importante dans le canton de Vaud.
Cette situation concerne notamment :
- certaines familles recomposées ;
- les couples non mariés ;
- ou les personnes souhaitant transmettre une partie de leur patrimoine à des proches ou à des tiers.
Transmission d’entreprise familiale : un enjeu stratégique
Pour de nombreux entrepreneurs vaudois, la succession concerne également la transmission de leur société.
La réforme fiscale entrée en vigueur en 2025 prévoit plusieurs mécanismes visant à faciliter la transmission d’entreprises familiales. Selon certaines analyses notariales et fiscales, un abattement de 50 % peut notamment être admis sous certaines conditions lors d’une transmission en ligne directe descendante.
Anticiper la transmission d’une entreprise permet souvent :
- d’assurer la continuité de l’activité ;
- de protéger les héritiers ;
- d’éviter certaines difficultés de financement ;
- et de préserver la stabilité de l’entreprise familiale.
Pourquoi anticiper sa succession dans le canton de Vaud ?
Une succession mal préparée peut entraîner des conséquences importantes, tant sur le plan familial que fiscal.
À l’inverse, une stratégie patrimoniale anticipée permet souvent :
- d’optimiser la transmission du patrimoine ;
- de protéger le conjoint survivant ;
- d’organiser les donations ;
- de préparer la transmission immobilière ;
- de réduire certains coûts fiscaux ;
- et de limiter les risques de conflit entre héritiers.
Chaque situation reste toutefois unique. La structure familiale, le patrimoine détenu, le régime matrimonial ou encore les enjeux internationaux doivent être analysés avec attention.
Conclusion
La fiscalité des successions dans le canton de Vaud a fortement évolué depuis 2025 avec l’augmentation importante des franchises applicables aux descendants directs. Malgré ces allégements, les successions impliquant un patrimoine immobilier important, des héritiers éloignés ou une entreprise familiale nécessitent toujours une véritable anticipation patrimoniale.
Dans un contexte où les patrimoines immobiliers ont fortement progressé à Lausanne, Nyon, Morges ou sur la Riviera vaudoise, préparer sa succession permet aujourd’hui de protéger ses proches, de sécuriser la transmission familiale et de limiter les conséquences fiscales pour les héritiers.