Valais : beaucoup de propriétaires et d'indépendants, mais quelles conséquences pour le patrimoine ?

Publié le 29 août 2026 à 16:51

Le Valais occupe une place particulière dans le paysage patrimonial suisse. Le canton affiche l'un des taux de logements occupés par leur propriétaire les plus élevés du pays : 54 % en 2023, contre 30 % pour l'ensemble de la Suisse. Seuls quelques cantons dépassent encore ce niveau, tandis que les grands cantons urbains comme Genève, Zurich ou Vaud présentent des taux nettement inférieurs.

Cette forte présence de propriétaires n'est pas le seul élément qui mérite l'attention. Le Valais possède également un tissu important de petites entreprises, d'entrepreneurs et d'indépendants. À l'échelle suisse, les indépendants représentaient 14 % de la population active en 2024, soit environ 679'000 personnes. Le Valais fait par ailleurs partie des cantons ayant enregistré une progression particulièrement marquée des créations d'entreprises en 2024, avec une hausse de 7 %.

Ces deux caractéristiques ont une conséquence importante : une partie du patrimoine des ménages valaisans peut être concentrée dans leur logement et dans leur activité professionnelle.

Or, posséder un patrimoine important ne signifie pas nécessairement disposer d'un patrimoine suffisamment diversifié.

Le Valais compte parmi les cantons où la propriété est la plus répandue

Avec un taux de logements occupés par leur propriétaire de 54 % en 2023, le Valais se situe très largement au-dessus de la moyenne suisse de 30 %. Le canton devance notamment Fribourg, à 40 %, tandis que Vaud se situe à 25 %, Neuchâtel à 25 % et Genève à seulement 16 %.

Cette différence change profondément la structure patrimoniale des ménages.

Dans un canton où la propriété est moins fréquente, une part importante de l'épargne peut rester investie dans des placements financiers ou dans la prévoyance. En Valais, une famille propriétaire de son logement peut déjà avoir consacré une part considérable de son patrimoine à l'immobilier.

Cela peut être une excellente stratégie sur le long terme, mais cela crée également une concentration patrimoniale.

Une maison de 1,2 million de francs représente par exemple un patrimoine considérable. Pourtant, elle ne génère pas nécessairement de revenu et ne peut pas être utilisée aussi facilement qu'un portefeuille financier pour financer les dépenses courantes à la retraite.

La question devient alors moins « combien vaut mon patrimoine ? » que « quelle partie de mon patrimoine est réellement disponible et diversifiée ? »

De Sion à Martigny : la propriété ne signifie pas la même chose partout

Le taux de propriété varie fortement à l'intérieur même du canton.

Selon le rapport social du canton du Valais fondé sur le Relevé structurel de l'OFS, les bassins d'emploi de Loèche, Viège et Bagnes dépassent 67 % de propriétaires. À l'inverse, les bassins de Monthey, Martigny, Sion et Sierre se situent entre environ 54 % et 58 %, tandis que Zermatt affiche 51,3 %.

Ces différences sont importantes pour comprendre les patrimoines locaux.

Dans les centres urbains comme Sion, Martigny ou Monthey, la proportion de locataires est plus importante et les prix immobiliers, les revenus et la structure économique peuvent différer de ceux des régions plus rurales ou de montagne.

Dans certaines régions, l'immobilier peut en revanche représenter une part particulièrement importante du patrimoine familial.

La stratégie financière doit donc tenir compte non seulement du canton, mais aussi de la composition réelle du patrimoine.

Être propriétaire ne signifie pas être financièrement diversifié

C'est probablement l'une des principales erreurs patrimoniales que l'on peut rencontrer chez les propriétaires. Une personne peut avoir un patrimoine net élevé tout en étant fortement concentrée sur un seul actif.

Prenons le cas d'un couple qui possède sa résidence principale, quelques liquidités et un 2ème pilier. Sur le papier, sa situation financière peut être confortable. Mais si 70 ou 80 % de son patrimoine net se trouve dans son logement, son exposition à l'immobilier est importante.

Ajouter un deuxième bien locatif peut alors renforcer encore cette concentration.

À l'inverse, développer progressivement un portefeuille financier peut permettre d'introduire davantage de diversification, de liquidité et de flexibilité dans le patrimoine.

Il ne s'agit évidemment pas d'opposer immobilier et investissements financiers. Les deux peuvent avoir leur place, mais leur poids relatif doit être cohérent.

Une particularité supplémentaire : le poids des indépendants

La situation devient encore plus intéressante lorsque le propriétaire est également indépendant.

En Suisse, 14 % des actifs exerçaient une activité indépendante en 2024. Le phénomène entrepreneurial reste donc significatif à l'échelle nationale. Le Valais fait partie des cantons où les créations d'entreprises ont fortement progressé en 2024, avec une hausse de 7 %.

Pour un indépendant, le patrimoine professionnel peut représenter une part importante de la fortune. L'entreprise constitue parfois le principal actif du propriétaire, tandis que son logement familial représente le deuxième grand élément patrimonial.

Dans cette configuration, les investissements financiers privés jouent un rôle particulièrement important : ils peuvent contribuer à réduire la dépendance du patrimoine à l'entreprise et à l'immobilier.

Le patrimoine de l'indépendant est souvent plus concentré

Un salarié bénéficie généralement d'une structure de prévoyance professionnelle organisée par son employeur.

L'indépendant doit davantage construire lui-même sa sécurité financière. Il cotise à l'AVS, mais il n'est pas automatiquement affilié au 2ème pilier. Il doit donc réfléchir à la manière dont son revenu professionnel sera remplacé lorsqu'il cessera son activité.

Cette problématique est particulièrement importante lorsqu'une personne possède déjà une entreprise et un bien immobilier. Elle peut avoir l'impression d'être « riche » parce que la valeur de son entreprise et de son logement est élevée, tout en disposant de relativement peu de capitaux financiers immédiatement disponibles.

C'est précisément cette différence entre fortune patrimoniale et liquidité financière qui mérite d'être analysée.

L'entreprise et la résidence principale peuvent créer un double risque

Imaginons un entrepreneur installé à Sion. Il possède sa maison pour 1,3 million de francs et son entreprise représente une valeur de 1 million. Ses placements financiers représentent seulement 150'000 francs.

Son patrimoine brut est important. Mais plus de 90 % de celui-ci est concentré dans deux actifs : son entreprise et son immobilier. Ces deux actifs peuvent être parfaitement intéressants individuellement. Le problème vient de leur concentration.

Si l'entreprise rencontre des difficultés au moment où le marché immobilier connaît lui aussi une période moins favorable, le patrimoine global peut être beaucoup plus vulnérable qu'il n'y paraît.

La diversification financière devient alors un véritable outil de gestion du risque patrimonial.

La retraite constitue le moment où cette concentration apparaît le plus clairement

Pendant la vie active, l'entreprise produit un revenu et la résidence principale répond aux besoins de la famille.

À la retraite, la situation change.

L'entreprise doit être vendue, transmise ou liquidée. Le salaire disparaît. La maison continue d'avoir une valeur importante, mais elle ne finance pas automatiquement le train de vie. Le patrimoine financier doit alors prendre davantage d'importance.

C'est pourquoi la préparation de la retraite d'un indépendant devrait commencer bien avant la cessation de son activité.

Il ne suffit pas de se demander combien vaut l'entreprise.

Il faut également déterminer quelle partie de cette valeur pourra réellement être transformée en capital disponible et quelles autres ressources permettront de financer la retraite.

Le 2ème pilier et le 3ème pilier deviennent particulièrement importants

Pour un indépendant, la constitution d'une prévoyance privée peut permettre de réduire progressivement la dépendance au patrimoine professionnel.

Le 3ème pilier A peut notamment offrir un avantage fiscal pendant la période d'activité, tandis que les investissements privés peuvent apporter davantage de flexibilité et de liquidité.

La question n'est cependant pas de choisir systématiquement le 3ème pilier ou l'investissement financier.

Il faut déterminer comment ces solutions s'articulent avec l'AVS, le 2ème pilier lorsqu'il existe, l'entreprise et l'immobilier.

Une bonne stratégie de prévoyance ne doit pas créer une nouvelle concentration.

Faut-il continuer à investir dans l'immobilier ?

Pour un propriétaire valaisan, la question peut être particulièrement importante.

L'immobilier peut constituer un excellent outil de constitution de patrimoine, notamment lorsqu'il est financé de manière prudente et conservé sur le long terme.

Mais lorsque la résidence principale représente déjà une grande partie de la fortune, acheter systématiquement un nouveau bien immobilier n'est pas forcément la meilleure manière de diversifier son patrimoine.

Un portefeuille financier peut apporter une exposition à différentes régions, entreprises et secteurs économiques, tout en restant beaucoup plus liquide qu'un bien immobilier.

L'objectif n'est donc pas nécessairement de réduire l'immobilier, mais de compléter ce patrimoine par d'autres catégories d'actifs.

La fiscalité doit accompagner la stratégie

Dans le canton du Valais, comme ailleurs en Suisse, les décisions patrimoniales ont également des conséquences fiscales.

Pour un indépendant, le revenu de l'activité lucrative indépendante est soumis aux règles fiscales applicables aux revenus professionnels. Le canton précise notamment que le revenu imposable est déterminé sur la base du résultat de l'activité indépendante.

La fiscalité intervient également dans les choix de prévoyance, les retraits de capitaux, l'immobilier et les investissements.

Une décision qui semble intéressante fiscalement à court terme peut donc ne pas être optimale à long terme si elle augmente trop la concentration ou réduit la liquidité du patrimoine.

Un patrimoine valaisan doit être regardé dans son ensemble

Le profil du Valais montre finalement pourquoi une approche globale est importante.

Avec 54 % de logements occupés par leur propriétaire contre 30 % en moyenne suisse, l'immobilier occupe une place particulièrement importante dans les patrimoines valaisans.

À cela peut s'ajouter, pour les indépendants et entrepreneurs, un patrimoine professionnel parfois considérable.

Le défi consiste alors à construire progressivement une troisième composante : un patrimoine financier diversifié et suffisamment liquide.

C'est cette combinaison entre immobilier, entreprise, prévoyance et investissements qui permet de construire une véritable stratégie patrimoniale.

Conclusion

Le Valais se distingue clairement par son niveau élevé de propriété immobilière. Avec un taux de 54 % en 2023, contre 30 % pour la Suisse, il fait partie des cantons où l'immobilier occupe une place particulièrement importante dans le patrimoine des ménages.

Parallèlement, le canton dispose d'un tissu entrepreneurial important, alors que les indépendants représentent déjà 14 % des actifs à l'échelle suisse.

Cette combinaison crée une situation patrimoniale particulière : un propriétaire indépendant peut concentrer une grande partie de sa fortune dans sa maison et son entreprise, tout en disposant de relativement peu d'actifs financiers liquides.

La bonne stratégie n'est donc pas nécessairement de choisir entre Conseil immobilier, prévoyance et investissements.

Elle consiste à faire fonctionner ces différentes composantes ensemble afin de construire un patrimoine suffisamment diversifié, liquide et adapté aux objectifs de long terme.

Les experts d'Alpina-Conseil analysent ces différentes dimensions — immobilier, activité professionnelle, prévoyance, fiscalité et investissements — afin de construire une stratégie patrimoniale cohérente avec la situation de chaque client.

Questions fréquentes

Pourquoi un taux élevé de propriétaires influence-t-il la gestion de fortune ?

Parce qu'une part importante du patrimoine peut être concentrée dans l'immobilier. Il devient alors particulièrement important d'analyser la place des investissements financiers et de la prévoyance dans le patrimoine global.

Les indépendants valaisans doivent-ils investir différemment des salariés ?

Pas nécessairement, mais leur situation nécessite souvent une attention particulière à la prévoyance et à la diversification. L'entreprise constitue parfois une part importante de leur fortune et de leur revenu futur.

Faut-il acheter un bien immobilier supplémentaire lorsqu'on est déjà propriétaire ?

Pas automatiquement. Si la résidence principale représente déjà une part importante du patrimoine, d'autres investissements peuvent apporter davantage de diversification et de liquidité.

Comment un indépendant peut-il préparer sa retraite ?

Il peut notamment combiner AVS, prévoyance professionnelle lorsqu'elle existe, 3ème pilier, investissements financiers et valeur future de son entreprise. L'objectif est d'éviter que la retraite dépende d'un seul actif.

Le Valais compte-t-il beaucoup plus de propriétaires que la moyenne suisse ?

Oui. En 2023, le taux de logements occupés par leur propriétaire atteignait 54 % en Valais, contre 30 % pour l'ensemble de la Suisse.

Pourquoi faire appel aux experts d'Alpina-Conseil ?

Parce qu'une décision d'investissement ne devrait pas être prise indépendamment du reste du patrimoine. Les experts d'Alpina-Conseil peuvent analyser les interactions entre immobilier, entreprise, prévoyance, fiscalité et investissements afin de construire une stratégie globale.