La gestion des finances personnelles en Suisse ne se limite plus à l'épargne passive. La complexité du système et les réformes récentes imposent une réflexion structurée pour garantir un niveau de vie stable, particulièrement au moment du passage à la retraite. Il est d'ailleurs inscrit dans la loi que le niveau de vie antérieur doit être conservé. Il est toutefois de la responsabilité de chacun de s'assurer de cela et d'agir en conséquence.
1. Comprendre le système des trois piliers
La base de toute planification repose sur la coordination des trois piliers (AVS, prévoyance professionnelle LPP et prévoyance privée 3ème pilier). L'enjeu principal est de combler les lacunes de prévoyance afin d'éviter une baisse brutale du revenu. Cela est d'autant plus important que la charge fiscale ne baisse pas dans la même proportion que le revenu, ceci dû à une baisse significative des déductions fiscales. Pour comprendre les mécanismes, notre portail alpina-conseil.ch offre une vue d'ensemble actualisée.
2. Le dilemme crucial : Rente ou Capital ?
Au moment de la retraite, l'une des décisions les plus importantes concerne le 2ème pilier (LPP). Vous devez choisir comment percevoir votre avoir de vieillesse :
- La Rente (totale ou partielle) : Elle garantit un revenu fixe à vie, quel que soit l'état des marchés ou votre longévité. C'est le choix de la sécurité. De plus, il existe une protection du survivant selon les conditions de la loi ou des règlements des caisses de pension.
- Le Retrait en Capital : Vous récupérez tout ou partie de votre avoir pour le gérer vous-même. Cela offre une grande flexibilité, permet la transmission aux héritiers, mais expose au risque de marché et à l'épuisement des fonds. Il est important d'être bien conseillé et suivi lors de ce choix.
- La solution hybride : De nombreux retraités choisissent de retirer une partie en capital (pour rembourser une hypothèque ou voyager) et de conserver une rente pour couvrir les charges fixes. Il est également intéressant, de calculer la bonne proportion de retrait du capital d'un point de vue fiscal.
Note : Un retrait de capital doit être annoncé à votre caisse de pension souvent plusieurs mois, voire années, à l'avance.
3. Pré-retraite ou Ajournement : Le calcul de la flexibilité
L'âge de la retraite est devenu plus flexible, mais chaque scénario a un coût ou un gain financier précis :
- La Pré-retraite : Prendre sa retraite avant l'âge légal entraîne une réduction définitive de la rente AVS ( 6,8% par année d'anticipation, maximum 2 ans) et une baisse du taux de conversion de la LPP. Une planification de retraite permet de calculer si votre épargne privée peut combler ce manque à gagner.
- L'Ajournement : À l'inverse, travailler au-delà de l'âge légal permet d'augmenter significativement le montant de vos futures rentes (bonus d'ajournement). C'est une option fiscalement intéressante si vous disposez encore d'une capacité de gain.
4. Optimisation fiscale et Logement
La planification permet de réduire l'impact fiscal, notamment lors du retrait du capital de prévoyance qui est imposé à un taux réduit, mais distinct du revenu. De plus, pour les propriétaires, il s'agit d'arbitrer entre l'amortissement de la dette hypothécaire et l'investissement des liquidités. Nos différents outils vous aident à visualiser ces scénarios.
Conclusion
Qu'il s'agisse de choisir entre la rente et le capital ou de décider de l'âge de son départ à la retraite, la planification de retraite est le seul outil permettant de transformer des incertitudes en décisions éclairées. En Suisse, anticiper ces questions dès 50-55 ans est essentiel pour une transition sereine. Pour un accompagnement professionnel, consultez nos experts.