On pense souvent que faire des économies consiste à couper dans les abonnements Netflix ou à comparer les prix du supermarché. Pourtant, en Suisse, les véritables gains de pouvoir d'achat ne se trouvent pas dans votre porte-monnaie, mais dans la structure de votre patrimoine et de votre prévoyance.
En 2026, avec l'évolution des taux et des réglementations, quelques décisions stratégiques peuvent littéralement changer le cours de votre retraite.
Voici deux cas réels où un simple conseil suite à un rendez-vous banal à la base a généré plus de 100 000 CHF de gain.
Cas n°1 : Le licenciement à 60 ans – Transformer un coup dur en opportunité à 129 000 CHF
Beaucoup de salariés seniors pensent qu'un licenciement juste avant la retraite est une catastrophe financière. C’est souvent une erreur de jugement.
Le piège du libre passage
Lors d’un licenciement, le réflexe habituel est de s'inscrire au chômage et de transférer son capital sur un compte de libre passage. Or, vous avez actuellement 2 autres possibilités. La première possibilité est de rester affilié dans votre caisse de pension et de bénéficier des conditions de la caisse. Vous devez par contre cotiser pour la part employeur et employé et vous êtes limité à toucher une rente. La deuxième possibilité est une rente de préretraite avec ou sans partie en capital. Le taux de conversion du libre passage est souvent bien moins avantageux que celui de votre caisse de pension d’origine, y compris les taux de conversion en retraite anticipée.
La stratégie gagnante
En optant pour une pré-retraite immédiate plutôt que le libre passage :
- Maintien du taux de conversion : Vous fixez une rente plus élevée à vie.
- Cumul Chômage/Rente : Le droit au chômage est maintenu si vous respectez les conditions. Même si l'indemnité de chômage est réduite du montant de votre rente issu de votre caisse de pension, votre revenu total reste stable.
- Le résultat : Dans un cas concret traité cette année, l'assuré a obtenu, après sa période de chômage, 3 200 CHF de rente supplémentaire par an à vie.
Bilan sur 25 ans :
- Surplus de rente : + 80 000 CHF
- Optimisation 3ème pilier (échelonnement) et renégociation hypothécaire : + 49 000 CHF
- Gain total net : 129 000 CHF
Cas n°2 : Chef d’entreprise – L’art de cotiser jusqu’à 70 ans
Vous dirigez votre entreprise et vous aimez ce que vous faites ? Pourquoi s'arrêter à 65 ans alors que la loi vous permet d'optimiser votre fiscalité de manière massive ?
L'astuce du plan de prévoyance
Peu d’entrepreneurs savent qu’il est possible de mettre en place un plan de caisse de pension permettant de cotiser jusqu’à 70 ans.
Un levier fiscal monumental
Prenons l'exemple d'un dirigeant cotisant 42 000 CHF par an :
- Économie d'impôt immédiate : Environ 16 000 CHF par an (selon le taux marginal).
- Sur 5 ans : C'est une économie sèche de 80 000 CHF.
C'est sans doute le "salaire horaire" le plus rentable de sa carrière : 80 000 CHF d'économie pour une heure d'entretien et un peu de paperasse administrative.
Ce qu'il faut retenir pour 2026
Le système suisse de prévoyance est complexe, mais il est incroyablement flexible pour celui qui sait en actionner les leviers. Que vous soyez proche de la retraite ou indépendant, trois piliers doivent être audités :
- Le taux de conversion : Ne laissez pas votre capital "dormir" sans comparer les options de rente.
- L'échelonnement : Ne retirez jamais vos capitaux (3a ou LPP) la même année pour éviter l'explosion de l'impôt progressif.
- La prolongation d'activité : Fiscalement, travailler plus longtemps est l'un des meilleurs placements disponibles aujourd'hui.
Le conseil d'expert vaut souvent dix fois son prix dès la première année. En 2026, ne vous demandez plus combien vous coûte un conseil, mais combien vous coûte le fait de ne pas en recevoir.